Vers midi, elle s’était endormie sur le canapé.
Un bruit de clé dans la serrure la réveilla.
Elle crut d’abord que sa mère avait oublié quelque chose. Mais Claire ne rentrait jamais avant 19 h.
Par instinct, Léa resta immobile sous le plaid, les yeux presque fermés.
La porte s’ouvrit doucement.
Ce n’était pas Claire.
C’était Isabelle, la sœur cadette de sa mère.
D’habitude, Isabelle débarquait avec son parfum trop fort, son rouge à lèvres impeccable et un sac de viennoiseries. Ce jour-là, elle portait une veste noire, des lunettes sombres et des gants.
Elle avançait sur la pointe des pieds, comme une voleuse dans sa propre famille.
Léa retenait son souffle.
Isabelle regarda rapidement le salon, ne remarqua pas la fillette cachée sous le plaid, puis s’approcha du portemanteau près de l’entrée.
Elle sortit de son sac un petit paquet transparent.
Quelque chose brilla à l’intérieur.
Elle le glissa dans la poche droite du manteau beige de Claire.
Puis elle appela quelqu’un.
C’est fait, murmura-t-elle. Dis-leur de venir ce soir. Qu’ils cherchent dans le manteau. Cette naïve ne soupçonnera jamais sa propre sœur.
Léa sentit son ventre se nouer.
Cette naïve ?
Sa mère ?
Isabelle raccrocha, puis ressortit sans bruit.
Dès que la porte se referma, Léa courut au manteau, les jambes tremblantes. Elle plongea la main dans la poche et sortit le paquet.
À l’intérieur, il y avait un collier de diamants.
Pas un bijou fantaisie. Pas un truc de marché. Non. Un collier lourd, froid, trop brillant, presque effrayant.
Léa repensa aussitôt aux infos vues la veille : une bijouterie de la galerie marchande, “Maison Delorme”, avait été cambriolée. Plusieurs pièces uniques avaient disparu, pour une valeur de plusieurs millions d’euros.
Les journalistes disaient que les voleurs connaissaient les horaires, les codes, les caméras.
Quelqu’un de l’intérieur avait aidé.
Léa chercha l’article sur Internet. La photo du collier apparut.