C’était le même.
Sa mère allait être accusée de vol.
Et celle qui voulait la détruire portait le même nom qu’elle.
Les larmes montèrent, mais Léa les ravala. Elle prit des photos du collier sous tous les angles, puis le remit exactement dans la poche.
Elle avait peur, grave peur.
Mais elle pensa soudain à la petite caméra installée dans le judas après une série de cambriolages dans l’immeuble.
Elle récupéra la carte mémoire.
Sur l’écran, à 12 h 26, Isabelle entrait avec sa clé.
Trois minutes plus tard, elle ressortait en souriant.
La preuve existait.
Mais ce soir, la police allait sonner.
Claire allait rentrer épuisée, avec son sac de caisse et ses chaussures douloureuses, sans savoir que son propre manteau était devenu un piège.
Et Léa comprit qu’elle n’avait plus le droit d’être une enfant terrorisée.
Elle avait quelques heures pour sauver sa mère.
Mais elle ne savait pas encore que le pire venait seulement de commencer…
PARTIE 2
Léa se mit à réfléchir avec un sérieux qu’elle ne se connaissait pas.
Elle copia d’abord la vidéo sur une clé USB. Ensuite, elle chercha toutes les informations possibles sur le cambriolage.
La bijouterie appartenait à Arnaud Delorme, un joaillier réputé de Paris, connu pour fabriquer des pièces privées pour des familles fortunées, des actrices, des héritières et même quelques grands patrons.
Le collier volé était unique : diamants blancs, or gris, avec une petite émeraude cachée dans le fermoir.
Léa zooma sur ses photos.
L’émeraude était là.
Il n’y avait plus aucun doute.
Puis elle ouvrit le profil Facebook d’Isabelle.
La dernière publication datait de la veille. Une photo avec un homme barbu, chemise noire, sourire arrogant. Le texte disait : “Avec mon amour, bientôt une nouvelle vie.”
Léa reconnut vaguement cet homme.
Elle l’avait vu une fois lors d’un repas familial à Saint-Denis. Isabelle l’avait présenté comme Marc, un homme “dans les affaires”.
Après son départ, Claire avait murmuré à sa fille :
—Ce type, je ne le sens pas. Il parle trop bien pour quelqu’un qui cache trop de choses.
Léa continua de fouiller.
Elle trouva une photo d’Isabelle et Marc devant un entrepôt. Derrière eux, on lisait à moitié : “Box Seine Nord — location de stockage”.
Elle chercha l’adresse.
C’était vers Gennevilliers.
Elle fit des captures d’écran.
À ce moment-là, un autre souvenir lui revint.
Une semaine plus tôt, Isabelle avait oublié un sac noir dans le placard de l’entrée. Claire lui avait envoyé 3 messages pour qu’elle vienne le récupérer. Isabelle répondait toujours :
—Demain, promis. Là, je suis sous l’eau.
Léa regarda le manteau de sa mère.
Puis le sac noir d’Isabelle.
Elle savait que ce qu’elle allait faire était risqué. Si quelqu’un comprenait mal, on pourrait croire qu’elle manipulait une preuve.
Mais laisser le collier dans le manteau de Claire, c’était l’envoyer droit dans un cauchemar.
Alors, les mains tremblantes, elle sortit le collier de la poche et le glissa dans une petite doublure intérieure du sac noir d’Isabelle.
Puis elle remit tout en place.
Elle ne voulait pas accuser sans preuve. Elle voulait que la vérité tombe au bon endroit, au bon moment.
À 18 h 32, Claire appela.
—Ma chérie, je sors du magasin. Comment tu te sens ?
—Mieux, maman, répondit Léa en essayant de garder une voix normale. Je t’attends.
À 18 h 48, une voiture de police s’arrêta devant l’immeuble.
Léa les vit depuis la fenêtre : 2 policiers en uniforme et une femme en civil.